La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) de février 2020 transforme progressivement les obligations des restaurateurs en matière environnementale. Chaque année apporte son lot de nouvelles mesures, et 2025 marque des échéances importantes. Entre l'interdiction des plastiques à usage unique, le tri obligatoire des biodéchets et les obligations de réemploi, beaucoup de restaurateurs sont perdus. Ce guide fait le point sur toutes vos obligations actuelles et à venir, avec des solutions concrètes pour vous mettre en conformité.
La loi AGEC : comprendre les grands principes qui impactent la restauration
La loi AGEC, promulguée le 10 février 2020, poursuit cinq objectifs principaux : sortir du plastique jetable, mieux informer les consommateurs, lutter contre le gaspillage, agir contre l'obsolescence programmée et mieux produire. Pour la restauration, ce sont principalement les deux premiers objectifs qui génèrent des obligations concrètes, avec un calendrier d'application progressif jusqu'en 2025 et au-delà.
Le principe pollueur-payeur est au coeur de la loi : les professionnels qui génèrent des déchets doivent contribuer financièrement à leur gestion et progressivement réduire leur volume. Pour les restaurateurs, cela se traduit par des éco-contributions sur les emballages, des obligations de tri et de valorisation, et une incitation forte à réduire l'usage des emballages à usage unique.
La loi AGEC n'est pas un texte isolé : elle s'inscrit dans un cadre européen (directive SUP sur les plastiques à usage unique) et national (loi Climat et Résilience, loi EGAlim) qui convergent vers le même objectif de réduction des déchets et de transition vers l'économie circulaire. En tant que restaurateur, vous devez considérer ces obligations comme une tendance de fond irréversible, pas comme une contrainte temporaire.
Calendrier 2025 : les mesures en vigueur et les nouvelles échéances
Mesures déjà en vigueur que vous devez appliquer : interdiction de la vaisselle jetable pour la consommation sur place (restaurants de plus de 20 places depuis 2023), interdiction des pailles, touillettes et couverts en plastique, obligation de proposer le doggy bag, interdiction des contenants alimentaires de cuisson et de réchauffage en plastique dans la restauration collective, et obligation de tri à la source des biodéchets pour tous les professionnels.
Les mesures 2025 renforcent les obligations existantes. L'objectif de réduction de 50 % des emballages plastiques à usage unique par rapport à 2018 s'applique progressivement. Les restaurants doivent proposer au moins un contenant réutilisable pour la vente à emporter. L'affichage de l'indice de réparabilité et de durabilité concerne désormais les équipements électroniques, y compris ceux utilisés en restauration.
Les prochaines échéances à anticiper : à horizon 2026-2027, les obligations de réemploi des emballages vont se renforcer, avec un pourcentage minimum d'emballages réutilisables pour la vente à emporter et la livraison. Les restaurants qui anticipent dès maintenant ces évolutions (systèmes de consigne, emballages réutilisables) seront mieux préparés que ceux qui attendront la dernière minute.
Le tri des biodéchets : l'obligation majeure de 2024-2025
Depuis le 1er janvier 2024, tous les professionnels, quel que soit le volume de biodéchets produit, doivent trier leurs déchets alimentaires séparément des autres déchets. Cette obligation, initialement réservée aux gros producteurs (plus de 10 tonnes/an), s'applique désormais à tous les restaurants, y compris les plus petits. Le non-respect est passible d'une contravention de 5e classe (jusqu'à 1 500 €).
Trois options s'offrent à vous pour la gestion de vos biodéchets : la collecte par un prestataire agréé (le plus simple, 50 à 200 €/mois selon le volume), le compostage sur site si vous disposez d'un espace extérieur (composteur ou lombricomposteur), ou le regroupement avec d'autres professionnels via un point d'apport volontaire. Contactez votre mairie ou votre syndicat de collecte pour connaître les solutions disponibles localement.
Au-delà de l'obligation, le tri des biodéchets est un levier de sensibilisation puissant pour votre équipe. Quand vous voyez concrètement le volume de déchets alimentaires produit chaque jour (souvent 30 à 50 kg pour un restaurant de taille moyenne), la motivation pour réduire le gaspillage en amont devient naturelle. Certains restaurants ont réduit leurs biodéchets de 30 % simplement en rendant le tri visible.
Emballages et livraison : comment se mettre en conformité
Pour la vente à emporter et la livraison, vous devez progressivement abandonner les emballages plastiques à usage unique au profit d'alternatives durables. Les barquettes en polystyrène expansé sont déjà interdites. Les couverts en plastique sont bannis. Restent autorisés (pour l'instant) les contenants en plastique de type PP ou PET, mais la tendance est clairement à leur disparition progressive.
L'obligation de proposer un contenant réutilisable pour la vente à emporter signifie que vous devez offrir au client le choix entre un emballage jetable et un contenant consigné ou apporté par le client. Cette option doit être clairement affichée en restaurant et proposée sur votre site de commande en ligne. Certains restaurateurs offrent une réduction de 0,50 € aux clients qui apportent leur contenant.
Sur votre site de commande Savoryo, vous pouvez facilement intégrer ces options : choix « avec ou sans couverts jetables », option « contenant réutilisable » avec consigne, mention des engagements environnementaux de votre restaurant. Cette transparence est non seulement obligatoire mais aussi appréciée par les consommateurs, dont 78 % se disent sensibles aux démarches éco-responsables des restaurants.
Le doggy bag et la lutte contre le gaspillage : vos obligations
Depuis le 1er juillet 2021, les restaurants ont l'obligation de proposer à leurs clients d'emporter les restes de leur repas dans un contenant réutilisable ou recyclable. Cette obligation s'applique aussi bien aux restes de nourriture qu'aux bouteilles de vin non finies. Le contenant doit être fourni gratuitement et doit être adapté au type d'aliment (contenant étanche pour les liquides, par exemple).
L'obligation de réaliser un diagnostic anti-gaspillage concerne les restaurants collectifs servant plus de 150 couverts/jour, mais c'est une bonne pratique que tout restaurateur devrait adopter. Ce diagnostic analyse vos sources de gaspillage, quantifie les pertes et débouche sur un plan d'action avec des objectifs chiffrés. Le diagnostic est le point de départ d'une démarche structurée.
La convention de don alimentaire est obligatoire pour les restaurants collectifs dépassant un certain seuil de production. Pour les restaurants commerciaux, elle est encouragée mais pas obligatoire. Donner vos invendus à une association habilitée (Restos du Coeur, Banque Alimentaire) est un geste solidaire et une alternative au gaspillage. La loi Garot de 2016 protège le donateur en cas de problème sanitaire, à condition de respecter les conditions de conservation.
Transformer la contrainte en opportunité commerciale
Les obligations de la loi AGEC peuvent devenir un avantage concurrentiel si vous les communiquez intelligemment. Affichez vos engagements sur votre vitrine, votre carte, vos réseaux sociaux et votre site de commande en ligne. Un restaurant qui communique positivement sur sa démarche environnementale attire une clientèle engagée et prête à payer légèrement plus pour un service responsable.
Les économies générées par la réduction du gaspillage et l'optimisation des emballages compensent souvent le surcoût de la mise en conformité. Moins de déchets, c'est moins de collecte à payer. Moins de gaspillage, c'est un meilleur food cost. Des emballages optimisés, c'est un budget packaging maîtrisé. La loi AGEC vous pousse vers des pratiques qui sont aussi économiquement vertueuses.
Savoryo s'inscrit parfaitement dans cette démarche de responsabilité. En développant votre canal de commande directe, vous réduisez les intermédiaires et reprenez le contrôle sur votre chaîne logistique, y compris le choix des emballages. Vous pouvez proposer des options éco-responsables à vos clients, communiquer sur vos engagements et transformer chaque commande en acte responsable.
Conclusion
La loi AGEC n'est pas un tsunami réglementaire mais une transition progressive vers des pratiques plus durables. En vous mettant en conformité dès aujourd'hui et en transformant ces obligations en arguments commerciaux, vous préparez votre restaurant à un avenir où la responsabilité environnementale sera un prérequis, pas un bonus.
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